La réforme de l’assurance chômage en vigueur repose sur la convention du 15 novembre 2024, agréée par arrêté du 19 décembre 2024 et appliquée aux fins de contrat à partir du 1er avril 2025. Le critère qui décide si vous êtes concerné est votre âge et la date de fin de votre contrat de travail. Une nouvelle négociation a été lancée en 2025, mais la lettre de cadrage qui l’ouvrait a été retirée en janvier 2026.
Ce que change la réforme de l’assurance chômage
Les règles actuelles empilent plusieurs textes, chacun avec sa date. Voici les mesures réellement appliquées :
- depuis le 1er février 2023, la durée maximale d’indemnisation est réduite de 25 % tant que le taux de chômage reste sous 9 % et ne progresse pas de 0,8 point sur un trimestre (décret du 26 janvier 2023) ;
- pour les fins de contrat à partir du 1er avril 2025, les seuils d’âge des seniors passent de 53 et 55 ans à 55 et 57 ans ;
- à partir du 1er avril 2026, un primo-entrant peut être indemnisé après 5 mois de travail au lieu de 6.
Les montants et la dégressivité des hautes allocations restent ceux de la convention en vigueur, détaillés plus bas.
Qui est concerné par la réforme du chômage, et qui garde ses anciens droits
Le point de bascule est la date de fin du contrat de travail, pas la date d’inscription à France Travail. Une personne dont le contrat s’est terminé avant le 1er avril 2025 relève des anciens seuils d’âge, avec les durées de 685 jours à partir de 53 ans et de 822 jours à partir de 55 ans. Le même raisonnement vaut pour le 1er février 2023 : un licenciement antérieur à cette date garde la durée maximale sans réduction de 25 %, même si l’inscription est postérieure.

L’âge pris en compte est celui que vous avez le jour de la fin du contrat. Un allocataire déjà indemnisé n’est donc pas recalculé quand une règle change : son droit a été ouvert sous le texte applicable à sa fin de contrat. Le service public fournit une fiche par période, ce qui évite de confondre les deux régimes.
Dates d’entrée en vigueur, mesure par mesure
Le tableau ci-dessous ne retient que les mesures confirmées par une source officielle ou par un syndicat signataire.
| Mesure | Date | Public visé |
|---|---|---|
| Réduction de 25 % de la durée maximale | 1er février 2023 | Fins de contrat à partir de cette date |
| Seuils d’âge seniors relevés à 55 et 57 ans | 1er avril 2025 | Fins de contrat à partir de cette date |
| Indemnisation après 5 mois de travail | 1er avril 2026 | Primo-entrants |
| Lettre de cadrage de la négociation suivante | Retrait annoncé le 27 janvier 2026 | Aucun, mesure abandonnée |
Dans son courrier du 27 janvier 2026, le Premier ministre a demandé d’engager l’agrément de deux autres dispositions de la convention, l’une sur les primo-entrants, l’autre sur le bonus-malus, selon Force ouvrière. Les pistes de la lettre de cadrage retirée, comme un durcissement des ruptures conventionnelles, ne sont donc pas des règles appliquées. Les évolutions possibles de l’indemnisation sont suivies dans l’article sur les évolutions attendues de l’indemnisation.
Conditions d’accès à l’allocation chômage et durée d’indemnisation
Pour ouvrir un droit, il faut justifier de 6 mois de travail, soit 130 jours ou 910 heures, dans une période de référence. Cette période couvre les 24 derniers mois avant 55 ans, et les 36 derniers mois à partir de 55 ans.
La durée maximale dépend de l’âge à la fin du contrat. Elle est calculée en jours calendaires, avec la réduction de 25 % aujourd’hui appliquée :
- moins de 55 ans : 548 jours, contre 730 jours sans réduction ;
- 55 à 56 ans : 685 jours, contre 913 jours sans réduction ;
- 57 ans et plus : 822 jours, contre 1 095 jours sans réduction.
Si le taux de chômage dépasse les seuils fixés par le décret, la réduction cesse de s’appliquer, et France Travail en informe les allocataires. Pour ouvrir ses droits, les démarches sont décrites dans la page démarches pour ouvrir ses droits au chômage.
Chômage après 55 ans : les seuils d’âge des seniors
Avant avril 2025, la filière intermédiaire commençait à 53 ans et la durée la plus longue à 55 ans. Pour les contrats terminés depuis, la durée de 685 jours commence à 55 ans et celle de 822 jours à 57 ans. Les 53-54 ans retombent dans le régime général, soit 548 jours.

Le maintien des droits jusqu’à la retraite reste réservé aux allocataires indemnisés depuis au moins un an, avec un nombre minimal de trimestres. Sa condition d’âge suit le recul de l’âge légal : 62 ans et 3 mois pour les personnes nées en 1961, jusqu’à 63 ans et 9 mois pour celles nées en 1967. Ce décalage découle du report de l’âge légal de départ, fixé à 64 ans en 2032.
Montant de l’allocation chômage et versement mensuel
L’allocation se calcule à partir du salaire journalier de référence. Quand l’allocation journalière dépasse 159,68 euros bruts, une baisse de 30 % s’applique à partir du 7e mois d’indemnisation, sans que le montant descende sous 92,57 euros bruts par jour. Un délai d’attente de 7 jours précède le premier versement.
France Travail verse l’allocation chaque mois, sur la base de 30 jours indemnisables, quel que soit le mois. Le versement dépend de l’actualisation de la situation du demandeur : l’actualisation d’octobre donne lieu à un paiement début novembre.
Les périodes indemnisées comptent aussi pour la pension, un effet détaillé dans l’effet des périodes de chômage sur la pension. Le montant exact de votre allocation figure sur la notification de droits envoyée par France Travail.

