Un salarié n’ayant pas cumulé six mois de travail sur les deux dernières années peut, dans certaines situations, prétendre à l’allocation de retour à l’emploi. Pour les indépendants, le chemin vers une indemnisation est semé d’embûches, les critères pour y accéder restant stricts et rarement remplis.En 2025, la donne change : seuils d’accès et modalités de demande évoluent, impactant aussi bien les conditions d’attribution que le calcul des droits. Les contrats en alternance, longtemps sur la touche, profitent désormais d’aménagements spécifiques. Pièces justificatives, délais de traitement, parcours professionnel : chaque détail compte et dépend du type de contrat.
Qui peut toucher l’ARE en 2025 ? Critères d’éligibilité et cas particuliers
En 2025, le droit au chômage se mérite plus que jamais. Les demandeurs d’emploi doivent prouver un minimum d’activité salariée sur une période donnée. Pour ceux de moins de 53 ans, il faut avoir travaillé au moins 6 mois, soit 130 jours ou 910 heures, durant les 24 derniers mois. Les personnes de 53 ans et plus bénéficient d’un délai élargi à 36 mois. Peu importe le type de contrat : intérim, CDD successifs, missions éclatées, tout est pris en compte si les emplois ont bien été déclarés.
Le motif de fin de contrat de travail reste décisif pour accéder à l’assurance chômage. Voici un tour d’horizon des situations les plus courantes :
- Rupture conventionnelle : donne accès à l’allocation, sous réserve de remplir le reste des conditions.
- Démission : ne donne droit à rien, sauf cas exceptionnels tels qu’une reconversion validée ou le suivi d’un conjoint.
Les personnes quittant volontairement leur poste doivent donc monter un dossier solide. France Travail (anciennement Pôle emploi) examine chaque cas avec attention. Certains cas particuliers reçoivent un traitement adapté :
- Fin de CDD ou d’intérim
- Licenciement, qu’il soit personnel ou économique
- Achèvement d’un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation
Pour les indépendants, la barre est haute : cessation complète d’activité exigée, seuils financiers difficiles à atteindre. Les anciens salariés en portage salarial peuvent à nouveau prétendre à une indemnisation, s’ils sont en recherche active d’emploi et répondent aux critères habituels.
La régularité dans la recherche d’emploi reste le point de passage obligé pour conserver ses droits. France Travail veille de près, multiplie les contrôles, et n’hésite pas à suspendre les versements en cas de relâchement. L’exigence et la vérification deviennent la norme.
Montants, durée et calcul de l’allocation chômage : ce qui change en 2025
En 2025, le montant de l’allocation chômage se redéfinit. Tout part du salaire journalier de référence (SJR), mais la nouveauté, c’est l’intégration de toutes les périodes, travaillées ou non, sur les 24 ou 36 derniers mois selon l’âge. Plus les périodes d’inactivité sont nombreuses, plus le SJR se réduit. La formule reste la même : 57 % du SJR, ou 40,4 % du SJR augmenté de 12,47 € par jour. On retient le montant le plus avantageux. Un minimum est assuré, mais le plafond mensuel descend à 7 818 € bruts.
La durée d’indemnisation bouge aussi : jusqu’à 18 mois (548 jours) pour ceux de moins de 53 ans, à condition d’avoir six mois de travail. Au-delà, les parcours longs peuvent viser 27 ou 36 mois, selon l’historique. Mais la réduction de la période de référence peut bouleverser la donne pour les parcours discontinus.
France Travail gère le versement de l’allocation, mais attention aux délais de carence quand il y a indemnités de congés payés ou primes de départ. Mieux vaut vérifier chaque mois ses droits sur la plateforme, pour éviter un blocage ou une interruption de l’allocation de retour à l’emploi.
Pour celles et ceux qui alternent missions et contrats courts, le SJR devient imprévisible : les montants peuvent varier fortement d’un mois à l’autre. L’automatisation du calcul oblige à une vigilance accrue lors de chaque déclaration, sous peine de découvrir une mauvaise surprise au moment du calcul du montant ARE.
Quelles démarches pour s’inscrire au chômage et percevoir l’ARE ?
Tout commence en ligne, sur le site de France Travail. L’inscription doit être lancée dès le lendemain de la fin du contrat de travail. Rapidité et anticipation sont précieuses : chaque jour de retard peut repousser le début des droits.
Avant de soumettre votre dossier, rassemblez l’ensemble des justificatifs : pièce d’identité, attestation employeur, bulletins de salaire des 24 derniers mois, RIB. Selon votre profil, indépendant, salarié en portage salarial, créateur d’entreprise, d’autres documents peuvent être demandés. En cas de création d’entreprise ou de portage, l’ARE reste accessible sous conditions précises.
L’inscription n’est que la première marche. Un entretien avec un conseiller France Travail suit : étape clé pour valider le projet de retour à l’emploi et construire le parcours de recherche. La transparence est ici votre meilleur atout.
Pour finaliser le dossier et assurer un suivi sans accroc, plusieurs actions sont à prévoir :
- Décrivez précisément votre parcours et vos compétences sur votre espace personnel.
- Ajoutez votre CV sur la plateforme pour renforcer votre visibilité.
- Actualisez chaque mois votre situation : la régularité des démarches est vérifiée de près.
L’ARE ne sera versée qu’après contrôle de toutes les pièces et informations. Soyez attentif à la cohérence de vos déclarations, surtout si vous relevez du portage salarial : précisez la société de portage et détaillez vos missions. Le moindre flou peut freiner l’instruction du dossier. De l’inscription à la gestion mensuelle, la rigueur reste le mot d’ordre.
En 2025, décrocher l’ARE tient parfois du marathon administratif. Mais chaque étape franchie rapproche d’un avenir à réinventer, où chaque mois gagné sur le calendrier peut faire toute la différence.


