Quelles dettes ne comptent pas dans le calcul du surendettement ?

Sur le papier, toutes les dettes ne jouent pas à armes égales. Certaines, même inscrites noir sur blanc dans les comptes, échappent implacablement à tout effacement, quoi qu’en dise la situation du débiteur.Des pensions alimentaires aux amendes pénales, plusieurs types de créances bénéficient d’une immunité totale. Pourtant, ces exclusions restent souvent obscures pour ceux qui s’engagent dans une procédure de surendettement, alors qu’elles dessinent la frontière entre espoir de rebond et contraintes durables.

Comprendre la procédure d’effacement de dettes : objectifs et étapes clés

La procédure de surendettement cible les personnes qui ne parviennent plus à honorer leurs paiements. L’objectif ? Restaurer une situation viable, permettre de retrouver une marge de manœuvre, sans pour autant effacer toute notion de responsabilité. Pour ouvrir un dossier, il faut se tourner vers la Banque de France et fournir un état précis : état civil, liste des créanciers, description des biens, revenus. Rien n’est laissé au hasard.

Une fois le dossier déposé, la commission de surendettement examine d’abord la recevabilité. La question de la bonne foi est capitale : toute tentative de dissimulation ou de fraude ferme la porte à la procédure. Après validation, la commission analyse la capacité de remboursement et propose une solution selon la gravité de la situation :

  • Plan conventionnel de redressement : ici, une discussion directe s’engage avec les créanciers pour adapter les échéances ou repenser la répartition des dettes.
  • Mesures imposées : si aucun compromis n’émerge, la commission tranche elle-même, pouvant imposer un nouveau calendrier ou même réduire le montant à rembourser.
  • Mesures recommandées : certains cas complexes exigent une validation judiciaire, pour garantir l’équité de la solution.
  • Procédure de rétablissement personnel : destinée aux situations les plus compromises, elle peut entraîner la liquidation judiciaire du patrimoine et annuler certaines dettes.

Tout au long du parcours, une question revient : quelles dettes peuvent disparaître, lesquelles restent indéboulonnables ? Ce tri, effectué par la commission, repose sur la nature de chaque créance et sur la législation en vigueur.

Quelles dettes ne peuvent pas être effacées lors d’un surendettement ?

Passer par la case surendettement ne rime pas avec disparition automatique de l’ensemble des dettes. La législation, appuyée par la pratique de la commission de surendettement, pose des bornes très claires.

Certains types de dettes non effaçables font figure de constantes. Voici les principaux cas, et pourquoi ils échappent à toute remise :

  • Les dettes alimentaires : pensions et contributions destinées à un enfant ou à un ex-conjoint restent dues, sans exception. Leur vocation de protection des personnes vulnérables leur confère une priorité indiscutable.
  • Les amendes pénales : issues d’une décision de justice, elles tiennent de l’ordre public. Même en cas de difficultés extrêmes, elles restent à régler.
  • Les dettes issues d’une fraude : toute créance née d’un faux, d’une dissimulation ou d’une déclaration mensongère ne sera pas effacée.
  • Les dommages et intérêts alloués à des victimes d’infraction : la vocation réparatrice de ces sommes justifie leur maintien.
  • Les dettes fiscales et certaines cotisations sociales : elles ne sont effacées que dans des cas très rares, sur décision expresse des services concernés.

En dehors de ces catégories, la plupart des crédits immobiliers, prêts à la consommation ou dettes envers d’autres particuliers peuvent être intégrés dans le périmètre du surendettement, sous réserve de l’accord de la commission. Cette limite façonne la résolution du dossier et conditionne la marge de manœuvre du débiteur.

Gros plan sur un marteau de juge et documents légaux

Conséquences et accompagnement : ce qu’implique un dossier de surendettement pour votre situation

Entrer dans la procédure : premier impact, premières contraintes

Déposer un dossier de surendettement, c’est accepter que son quotidien soit encadré, mais aussi protégé. Dès la recevabilité actée par la commission de surendettement, les poursuites et saisies sont stoppées temporairement : impossible pour un créancier d’agir sans l’accord de la Banque de France, qui pilote le processus. En parallèle, l’inscription au FICP (Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers) devient automatique. Cette inscription ferme la porte à tout nouvel emprunt, et les banques surveillent de près la gestion du compte.

Selon l’ampleur du surendettement, plusieurs solutions s’offrent alors :

  • Plan conventionnel de redressement : un accord est trouvé pour adapter le remboursement des dettes qui peuvent l’être.
  • Mesures imposées : en l’absence d’accord, la commission prend la décision d’étaler, suspendre ou réduire certaines dettes, dans la limite de ce qui peut être effacé.
  • Rétablissement personnel : réservé aux situations les plus graves, il permet d’effacer les dettes concernées, parfois après la liquidation judiciaire du patrimoine.

Accompagnement et effets sur le quotidien

Après validation du dossier, un accompagnement se met en place. Les travailleurs sociaux peuvent proposer un suivi personnalisé, pour optimiser la gestion des ressources disponibles. Les prestations sociales (RSA, aide au logement…) sont protégées contre toute saisie, garantissant un minimum vital. La discipline devient la règle : surveiller les charges courantes, cibler les dépenses prioritaires, et parfois envisager des solutions comme la vente à réméré pour éviter la saisie immobilière.

Tout au long de la procédure, un constat demeure : certaines dettes subsisteront, quoi qu’il arrive. Leur paiement restera incontournable, même après la fin du plan ou du rétablissement personnel. Quant à la radiation du FICP, elle n’intervient qu’une fois toutes les obligations respectées.

En définitive, la procédure de surendettement ne gomme pas tout d’un trait. Elle impose un tri, une hiérarchie, une rigueur nouvelle. Ceux qui s’engagent sur ce chemin doivent composer avec ses limites, mais ils peuvent aussi entrevoir, au bout du parcours, la perspective d’un horizon moins chargé, où chaque décision compte et où l’avenir se reconstruit pas à pas.